1862, LA GAITE D'OFFENBACH

Le théâtre de la Gaîté s'intalle donc face au square des Arts et Métiers (actuel square Papin) en 1862, au cœur du Paris commercial. Il est reconstruit presque à l'identique par Alphonse Cuzin, commissaire voyer attaché aux services de la Ville.



La salle contient 200 places de plus que l'ancienne Gaîté et compte 2080 m2.

On peut encore admirer le foyer de
style Napoléon III avec ses entrecolonnements, ses glaces, peintures et dorures.




Ci-contre le Foyer de l'Impératrice Eugénie

Les débuts sont difficiles. Buguet analyse ainsi la situation : "Le peuple aime seul les drames; les bourgeois et les commerçants affectent de comprendre l'opéra et la haute comédie". Les mélodrames sont passés de mode, place à l'opérette!

En 1872, la Gaîté donne Le roi Carotte, sur une musique d'Offenbach, livret de Victorien Sardou d'après un conte d'Hoffmann, dans une somptueuse mise en scène.


En 1873, Offenbach (âgé de cinquante quatre ans) prend la direction de la Gaîté et remonte l'année suivante Orphée aux enfers (quatres actes, douze tableaux, cent choristes et soixante huit danseurs !).
C'est un succès : plus de 200 représentations sont données.

En savoir plus sur les décors d'Orphée

En 1874 Offenbach monte à grands frais La Haine de Victorien Sardou mais le succès n'est pas au rendez-vous. La presse comme le public boude l'œuvre et Offenbach abandonne la direction de la Gaîté.

En novembre de la même année le ministre de l'instruction publique rebaptise la Gaîté "Théâtre Lyrique". De nombreux opéras y sont montés, dont Paul et Virginie de Michel Carré et Jules Barbier, sur une musique de Victor Massé. En 1878, après plusieurs échecs, le directeur Vizentini met 200 personnes à la rue. En 1879, le théâtre change à nouveau d'appellation et devient "Opéra populaire" le temps d'une saison.


En 1881, Debruyère prend la direction de la Gaîté en association avec Larochelle et la salle ouvre à nouveau avec Lucrèce Borgia le jour des 79 ans de Victor Hugo. Le public s'y précipite.

La même année se joue Quatre vingt treize que Paul Meurice a adapté du roman d'Hugo, le public peut y applaudir les comédiens les plus célèbres de leur temps : Dumaine, Taillade, Paulin Ménier…

Suivent une succession d'opéras bouffes et d'opérettes : La Mascotte, Rip... dont la qualité n'égale malheureusement pas les féeries d'Offenbach.

La scène de la Gaîté est la plus spacieuse scène de Paris à donner des opérettes. Les mêmes spectacles sont repris chaque année. La fille de Madame Angot, La fille du Tambour Major, et Les cloches de Corneville constituent le répertoire du théâtre de la Gaîté de cette époque.

En juillet 1894, la Ville alloue un crédit de 40.000 Francs : salle et coupole s'ornent de dessins en relief ; dans les loges, on remplace les tentures ; les couloirs se parent de mosaïques ; on réequipe et modernise la scène.