1986, LA PLANETE MAGIQUE DE JEAN CHALOPIN

Le classement du théâtre de la Gaîté Lyrique à l'inventaire des Monuments Historiques en 1984 n'offre aucun renversement de la situation…


La Mairie reçoit une offre miraculeuse (peu de frais engagés) de la société DIC représentée par Jean Chalopin, pour en faire un palais de la jeunesse, " premier centre d'attraction urbain " et couvert. Les travaux comprendraient notamment la rénovation de la façade, du foyer de l'Impératrice Eugénie et du hall d'entrée qui retrouverait sa hauteur de plafond et son escalier d'honneur. Les travaux sont immenses, il faut aussi modifier la climatisation, l'électricité, tout mettre aux normes.. mais ils seraient entièrements pris en charge pas la société DIC (soit 100 millions de francs pour le bâtiment et de 60 à 80 millions pour les équipements).

Le 18 septembre 1986, après multiples réunions avec les Affaires Culturelles de la Ville et peaufinage du projet, Jacques Chirac donne son accord lors d'une conférence de presse. Cependant les concepteurs du projet omettent de souligner un fait de grande importance : LA SALLE A L'ITALIENNE SERA ENTIEREMENT DETRUITE... Ces dispositions soulèvent un tollé dans la presse.

Société Anonyme "Planète Magique" et société d'exploitation (S.E.G.L.) sont créées, composée de Jean Chalopin, Jacques Rigaud, Jacques Peskine, Bernard Deyries et Joseph Wattelier. En 1987 le montant des investissements est estimé à 220 millions de Francs. Les actionnaires principaux sont : la Compagnie Luxembourgeoise de Télévision, la banque Paribas, Jean Chalopin ; la Ville de Paris se porte caution d'un emprunt de 100 millions de francs.


Le 19 décembre 1989, la Planète Magique ouvre ses portes pour les fêtes de Noël. Cependant le parc d'attraction ressemble plutôt à un vaste chantier non achevé : les attractions ne marchent pas bien et la sécurité laisse à désirer.

En janvier 1990, après 3 semaines d'ouverture et 30 000 spectateurs, la Planète Magique ferme ses portes et laisse 90 employés au chômage technique. La somme des 220 millions de frais annoncée est largement dépassée: elle approche les 400 millions au moment de l'ouverture. La S.E.G.L. se retrouve endettée de près de 100 millions de francs.

Selon les financiers, le parc a fait les frais d'une mauvaise estimation financière des coûts. Cependant les trois-quarts des travaux sont faits et la Mairie de Paris est favorable à un plan de relance afin de récupérer la caution perdue de 100 millions de francs et d'éviter de ternir davantage son image. Cela permettrait également de rembourser les emprunts et d'empêcher la fermeture des 80 entreprises impayées et la suppression de milliers d'emplois…

En décembre 1990, la réouverture s'effectue avec un nouvel actionnaire, le groupe Nord-France, qui s'engage à financer les travaux impayés à hauteur de 80 millions de francs. La Ville de Paris se porte à nouveau caution à hauteur de 65 millions de francs. Le concept est légèrement modifié : création d'un forum pour des colloques, installation d'équipements "son" accessibles aux professionnels… les attractions sont testées plusieurs fois.

La deuxième inauguration a lieu le 8 décembre 1990. Mais le scénario se reproduit presque à l'identique.. après cinq mois d'exploitation, Planète Magique dépose le bilan le 3 mai 1991.

 

Après 1991, de nombreuses personnes tentèrent sans succès de redonner une identité à ce lieu.

Cependant en 2001, la Ville de Paris, sous l'impulsion de Bertrand Delanoë, décide d'y implanter un centre dédié aux cultures numériques. Le projet architectural définitif a été validé en juillet 2006 et le travaux se sont achevés en janvier 2011...Et que revive la Gaîté!